13/10/2006

Conseils techniques pour la taille moderne des arbres fruitiers haute tige

                                                                                                                                             
 
arbre professeur

Pour débuter une forme naturelle, il est important de demander au pépiniériste de ne pas rabattre les arbres mais, de conserver les bourgeons terminaux .

Il est très important de respecter l’axe principal et le bourgeon terminal.
Ce dernier est le meilleur tire sève qui soit et contribue à un réveil précoce au printemps ainsi qu’à une croissance généreuse.
C’est lui le « chef d’orchestre » de la croissance de l’arbre.
Il ne devrait jamais être ôté lors de la plantation sauf s’il présente des dégâts, par exemple, liés à un mauvais aoûtement.
Son ablation oblige l’arbre à revoir son organisation physiologique avec le risque de multiplier les départs de bourgeons au sommet de la tige.
La forme obtenue serait alors désastreuse : un arbre en parapluie inversé, portant haut de nombreuses charpentières sans aucun axe latéral susceptible de porter des fruits rapidement. 
 

Chez les variétés qui « poussent fort en hauteur », il est malheureusement nécessaire de stimuler le départ de latérales par une taille du bourgeon terminal en hiver.
Mieux vaut alors rabattre au tiers des charpentières.
Les axes centraux des autres variétés peuvent être laissés à leur libre
croissance sans peur d’obtenir des arbres trop hauts.
Avec les années, la flèche s’arquera naturellement et la croissance en hauteur s’arrêtera.  
 

A noter aussi que pour constituer une flèche bien droite, un tuteurage (voir photos) pendant les premières années est souvent nécessaire.
Il faudra sélectionner les latérales équitablement réparties sur 360° tout autour de l’axe central et de manière à ce qu’elles soient espacées en hauteur de la largeur d’une main idéalement.

Cette opération peut se réaliser anticipativement dès le débourrement en éborgnant les yeux mal situés.
On concentre alors avantageusement la sève vers des organes qui ont de l’avenir. 
 

En appliquant l’ensemble de ces principes ont créera au fil des années au plus une dizaine d’étages fructifères,  tout au long de l’axe central, chacun portant un maximun de cinq branches.

forme ancienne et moderne taille 20 cms blog

 

  Forme traditionnelle en gobelet :

arbre situé à gauche dans le schéma ci-dessus  

- ramure dense, néfaste à la fructification 

- fortes contraintes au niveau du point de greffe  

- difficulté de remplacer les grosses charpentières  

 

  Forme obtenue par la taille moderne :

les 2 arbres situés au milieu et à droite dans le schéma ci-dessus    

- couronne aérée   

- faibles contraintes à l’insertion des charpentières 

- charpentières toutes potentiellement remplaçables 


Les arbres ainsi menés fructifieront dès la troisième année, soit au moins deux ans en avance sur la forme traditionnelle.  

En effet, la mise à fruit se fait par l’arcure naturelle des branches.
Plus une branche est arquée, plus elle produit des fruits au détriment de la croissance purement végétative.
Dans le cas présent, la position naturelle des branches est dès le départ proche de l’horizontale ; les branches font un angle largement ouvert avec la tige principale.
Les latérales s’arquent rapidement sous le poids des frondaisons et, plus tard, des premiers fruits.
Elles se mettent donc rapidement en position idéale pour une fructification abondante alors que, dans la forme en gobelet traditionnelle, ce phénomène se produit moins vite du fait de la fermeture des angles.

L’entretien des arbres consiste simplement en l’ablation des organes mal conformés, mal positionnés (p. ex : rentrant dans la couronne), brisés par le vent ou présentant des chancres importants.
La taille pratiquée un peu au-dessus de la ride d’écorce en laissant un court moignon, permet , même pour les variétés les moins vigoureuses,
d’initier le départ de nouvelles branches au niveau des yeux latents sur l’axe principal.
Celles-ci remplaceront rapidement les organes perdus.
Il est à noter que dans le cas des formes traditionnelles le remplacement de branches maîtresses est très difficile, voir impossible.
En outre, il suffit d’observer un ancien verger pour constater que les vieux arbres finissent quasi tous leur « carrière » par s’ouvrir en deux au niveau de l’insertion des charpentières maîtresses en raison de l’intensité des contraintes.
Ceci n’arrive jamais en adoptant une forme naturelle étant donné l'
angle d’insertion beaucoup plus ouvert qui limite les contraintes et les infiltrations de pourritures.

 

verger4_small essai
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

  forme obtenue par la méthode de taille moderne , la première année de plantation . 

araignée rouge

21:56 Écrit par Pierre Colignon dans Taille des arbres | Tags : photo, schema, nature, verger, taille, arbres, fruitiers, haute tige, arboriculture

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