22/10/2007

Halloween , c'est SAMAIN !


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fond1 de SAMAIN à Halloween en passant par la Toussaint et la fête des morts....

Vivants et morts cohabitent le premier jour d'automne.

Avant l'ère chrétienne, les populations celtes qui peuplaient l'Irlande, la Grande-Bretagne, le nord et l'ouest de la Gaule, célébraient le Samain ou Sahmain à la fin du mois d'octobre.

Les tribus irlandaises vivaient normalement dispersées, et les sanctuaires étaient en même temps des champs de foire sans rien qui impliquât un culte permanent. La population se réunissait au centre politique et religieux des tribus (lieu où sont les tombeaux des ancêtres) et aux dates de fêtes. Il y en avait quatre principales : le 1er novembre, Samhain, marque la fin de l'été (Samos) et probablement le début de l'année. Six mois plus tard, le 1er mai, au commencement de l'été (cet-saman), tombe la fête de Beltene, ou du feu (tein) de Bel ou Bile. Entre les deux se placent à trois mois d'intervalle les fêtes de Lugnasad (mariage de Lug) le 1er août, et celle de Oimele ou Imbale le 1er février.
Le Samhain marquait la fin de l'été et le début d'une nouvelle année. Déguisements effrayants et vivres à profusion marquaient des festivités débutant à la nuit tombée, les premiers ayant pour but de passer auprès des morts pour l'un des leurs, les seconds visant à s'attirer leurs bonnes grâces et à les dissuader de saccager les récoltes. Ce cérémonial permettait de s'assurer d'une bonne année à venir.

lum57Un feu sacré, allumé par les druides, honorait Been, le dieu du Soleil, et chassait les mauvais esprits. Chaque famille recevait une braise lui permettant d'allumer chez elle un nouveau feu, qu'elle devait maintenir jusqu'à l'automne suivant.
Du Samain à Halloween, de la Toussaint à la Fête des morts


Sous la domination romaine, le Samain, fêté par les Gaulois, subit l'influence des célébrations en vigueur au mois d'octobre chez les conquérants pour fêter les morts : les feralia. Elles se passaient comme les nôtres en plein air.

 Les sanctuaires étaient fermés en effet pendant les feralia ; toute cérémonie était suspendue ; il semblait qu'il n'y eût plus d'autres dieux que les mânes des défunts présents sous terre. Aussi leurs tombes étaient-elles le rendez-vous de toute la population des campagnes et des villes. On les jonchait de fleurs et de couronnes ; on y joignait des épis, quelques grains de sel, du pain trempé dans du vin pur. Le reste de la journée s'écoulait en prières et en commémorations.

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On voit que notre Fête des trépassés (qui elle, se déroule le 2 novembre et dont l'institution se fera plus tard, au XIe siècle) ressemble singulièrement aux feralia des Latins. Et, de même, nous leur avons emprunté la fête qui précède le jour des morts et que nous appelons La Toussaint.

Dans l'ancienne Rome, cependant, cette fête, qui s'appelait les caristia, suivait le Jour des morts au lieu de le précéder. Ovide nous a laissé une description charmante des caristia : « Après la visite aux tombeaux et aux proches qui ne sont plus, il est doux de se tourner vers les vivants ; après tant de pertes, il est doux de voir ce qui reste de notre sang et les progrès de notre descendance. Venez donc, cœurs innocents ; mais loin, bien loin, le frère perfide, la mère cruelle à ses enfants, la marâtre qui hait sa bru, et ce fils qui calcule les jours de ses parents obstinés à vivre ! Loin, celui dont le crime accroît la richesse et celle qui donne au laboureur des semences brûlées ! Maintenant, offrez l'encens aux mânes de la famille ; mettez à part sur le plateau des mets arrosés de libations, et que ce gage de piété reconnaissante nourrisse les lares qui résident dans l'enceinte de la maison ! »
Ce nom de lares, que portaient les mânes considérés comme protecteurs de la famille, de la maison, du domaine, de la tribu et de la cité, paraît avoir signifié maître ou chef. On voulait marquer ainsi que les ancêtres, même disparus, gardaient encore une autorité morale sur les foyers qu'ils avaient fondés. Ils étaient représentés dans l'atrium sous forme d'images de cire ou de statues de bois.

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A mesure que le christianisme triompha, les temples des idoles furent détruits en Orient, et en Occident fermés seulement ou convertis en temples chrétiens. En 607, le pape Boniface IV fit ouvrir et purifier le Panthéon - temple que Marcus Agrippa, favori d'Auguste, avait fait bâtir et avait dédié à Jupiter Vengeur - le dédia sous le nom de la sainte Vierge et de tous les martyrs, et Fête de tous les saints ; il y fit transporter vingt-huit chariots d'ossements des mêmes martyrs, tirés des cimetières de la ville. Puis il ordonna que tous les ans, au jour de cette dédicace, le 13 mai, on fît à Rome une grande solennité en l'honneur de la Vierge et de tous ces glorieux témoins du Christ. Le bâtiment prit le nom de Sainte-Marie aux Martyrs, puis Notre-Dame de la Rotonde en raison de sa forme. Telle fut la première origine de la Fête de tous les Saints.


L'Eglise avait été portée à cette institution pour plusieurs raisons. Une des principales était d'honorer les saints n'ayant pas leur solennité particulière au cours de l'année, soit parce que leur sainteté ou même leurs noms ne nous sont pas connus, soit parce que leur grand nombre empêche de leur rendre un culte distinct et séparé. En 731, le pape Grégoire III consacra une chapelle dans l'église de Saint-Pierre en l'honneur de tous les saints et déplaça la fête au 1er novembre. Mais c'est Grégoire IV qui, venu en France en 837, sous le règne de Louis le Débonnaire, inscrivit la Toussaint au calendrier liturgique universel. Fêtée le 1er novembre, elle se combinait ainsi avec l'antique Samain, fête païenne se déroulant la nuit du 31 octobre au 1er novembre qui prit dès lors le nom de all hallow's eve signifiant veille de la Toussaint.


Le Jour des morts n'était, lui, pas encore établi. L'usage de racheter par les aumônes et les prières des vivants les peines des morts, de délivrer leurs âmes du purgatoire, s'introduisit au XIe siècle. L'opinion d'un purgatoire, ainsi que d'un enfer, est de la plus haute antiquité ; mais elle n'est nulle part si clairement exprimée que dans le VIe livre de l'Enéide de Virgile. Cette idée fut peu à peu sanctifiée dans le christianisme, et on la porta jusqu'à croire que l'on pouvait par des prières modérer les arrêts de la Providence, et obtenir de Dieu la grâce d'un mort condamné dans l'autre vie à des peines passagères.
Le cardinal Pierre Damien, celui-là même qui conte que la femme du roi Robert accoucha d'une oie, rapporte la légende liée à l'institution de la Fête des morts. Selon cette fable, un pèlerin revenant de Jérusalem fut jeté par la tempête dans une île voisine de la Sicile, où il fit rencontre d'un ermite qui passait là ses jours dans une austère pénitence, n'ayant pour habitation qu'une caverne. Ce saint reclus le reçut fort charitablement ; et ayant appris qu'il était Français, il demanda des nouvelles de Cluny et de son abbé si célèbre, Odilon, avant de lui apprendre que l'île était habitée par des diables ; que son voisinage était tout couvert de flammes, dans lesquelles les diables plongeaient les âmes des trépassés ; que ces mêmes diables ne cessaient de crier et de hurler contre saint Odilon, abbé de Cluny, leur ennemi mortel.

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Il dit ainsi : « Ici tout près j'ai vu souvent des flammes effroyables et des feux qui semblent être capables de dévorer tout ce pays : ils sortent des abîmes de la terre, élevant avec eux un million d'âmes, qui endurent des tourments insupportables et expient leurs péchés dans cet embrasement. Elles poussent des cris lamentables, au milieu desquels j'ai distingué les horribles hurlements des démons que j'ai vus, sous des figures affreuses, se plaindre avec rage de ce que plusieurs de ces âmes leur sont ravies avant le temps et sont conduites au ciel en triomphe, grâce aux prières, aux sacrifices et aux pénitences de tous les fidèles, et spécialement aux continuelles mortifications, aux sacrifices et aux prières de l'abbé de Cluny et de ses religieux, qui s'emploient dans cette œuvre de charité et de ferveur avec plus de zèle que tous les enfants de l'Eglise ».
Puis il exhorta fort le religieux, aussitôt qu'il serait arrivé en France, d'en donner avis à Odilon et de le prier de sa part de redoubler ses saints exercices. Ce rapport ayant été fait à Odilon, il établit que chaque année, le second jour de novembre, le lendemain de la fête de tous les saints, on ferait dans les monastères de son obédience la commémoration de tous les fidèles défunts. Ainsi fut initiée (1031) dans le couvent de Cluny la Fête des morts, que l'Eglise adopta et institua en 1048.


C'est ainsi qu'au cours du Moyen Age, la tradition du Samain s'effaça peu à peu en France  ( et en Belgique ) au profit de la Toussaint et du Jour des morts, pour disparaître complètement et ne demeurer qu'en Irlande.

fetes412extrait de http://www.france-pittoresque.com/traditions/62-2.htm

19:37 Écrit par Pierre Colignon dans Histoire et géographie locales | Tags : halloween, samain, toussaint, fete des morts

02/09/2007

Saint Fiacre est honoré au Verger des Dix Bonniers

 

Saint Fiacre , sculpté par André BODSON de Thiméon B- 6230.

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          Selon la légende, saint Fiacre aurait vécu de 600 à 670. Fils du roi d'Irlande, il abandonna ses richesses et s'expatria en Brie où il vécut en ermite dans la forêt.

         Cependant sa retraite et ses vertus furent bientôt connues et il dut secourir nombre de malheureux. Il demanda alors à l'évêque de Meaux un terrain suffisant pour que tous ses visiteurs "aient subsistance". Celui-ci lui promit la superficie qu'il pourrait encercler d'un petit fossé en travaillant tout le jour.

         Quand saint Fiacre voulut délimiter son enclos "les sillons coururent devant la bêche, la terre s'ouvrit d'elle même et les arbres tombèrent de droite et de gauche".

Il est le patron des jardiniers et maraîchers . On le fête le 30 août. Son attribut est la bêche.

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Installation de la statue de Saint Fiacre au verger.

27/10/2006

Vive Halloween et Samain !

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arbre araigneé

      

 

 

 

    Les festivités d'Halloween se sont  implantées aux Etats-Unis,  à cause d'une maladie de la pomme de terre qui poussa, en 1846, nombre d'Irlandais affamés à émigrer vers le continent américain .

 

En Irlande, la tradition consistait alors à creuser d'énormes pommes de terre ou des navets, que l'on illuminait à l'aide de bougies pour en faire des lanternes.

insecte_araignee017En arrivant aux Etats-Unis, les Irlandais substituèrent aux légumes de leurs ancêtres la citrouille qu'ils avaient découverte sur le sol américain.

A la fin du XXe siècle, l'initiative d'une société française spécialisée dans le déguisement, bientôt relayée par quelques ténors de l'industrie alimentaire américaine, organisa le  retour en Europe d' Halloween qui, ne l'oublions pas, fut , à l'origine et dans nos régions , une coutume celte puis gauloise... appelée SAMAIN.

Dans les campagnes de nos régions betteravières , et à Viesville en particulier ,  jusqu'il y a peu ( dernière guerre mondiale),  c'étaient , non pas les potirons , mais  les betteraves , qui ,  évidées et éclairées d'une bougie , étaient portées sur un manche à hauteur  des fenêtres afin d'effrayer les habitants des maisons .

On les appelait les " GRIGNES - DINS ".

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19/08/2006

Vues du Verger des Dix Bonniers et toponymie des zones avoisinantes

 

Vue générale du verger des Dix Bonniers avec, en toile de fond, la réserve naturelle de Viesville.

 Les "Dix Bonniers "et les noms des lieux voisins ( toponymes ). 

 

Les toponymes souvent évoluent dans le temps mais aussi dans leurs localisations spatiales.

En particulier, la représentation de Viesville dressée par Ferraris (Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens 1771-1778), aussi peu précise et parfois fantaisiste qu'elle soit, mentionne nombre de toponymes dont le sens et la localisation sont totalement étrangers aux habitants actuels, même parmi les plus anciennes générations.

L'exemple le plus flagrant à Viesville est celui du massif boisé de l'Epaisse Taille (15 ha) n'évoquant absolument rien pour les anciens du village qui le connaissent actuellemnt sous le nom de la "Berlaye" . L'Institut géographique national, vient assez récemment de ressusciter le toponyme Epaisse Taille, mais le lieux-dit est à présent localisé nettement plus au nord qu'à l'origine, aux confins de Faya et de la Bowette, en contradiction totale avec les matrices cadastrales anciennes et actuelles. 

 

 

 

Lès Dîs Bounîs : les Dix Bonniers

 

 

Ce toponyme désigne actuellement un ensemble de terres situées à droite de l’ancienne rue de la Chaussée, anciennement  Chemin des Epaisses Tailles, et comprises entre la rue des Petits Sarts et l’assise de l’ancienne ligne de chemin de fer menant de Luttre à Gosselies.

 A l’origine, ce nom fut donné à une vaste parcelle agricole de 10 bonniers de Viesville. le bonnier de Viesville qui valait un peu moins d’un hectare, était équivalent au bonnier de Liège. Cette terre, mise en culture depuis certainement le dix-huitième siècle, s’étendait à flanc de vallée entre le bord du ruisseau Tintia et la partie la plus basse des terres actuellement ainsi dénommées.

 

 
La vallée du Tintia avec , sur la gauche , à flanc de colline, les "Dix Bonniers",  et , parallèle au cours du Tintia , le "Chemin vert" se dirigeant vers la ferme Draguet.

 

C’était le Champ des Dix bonniers, bien marqué sur les matrices cadastrales anciennes (Matrice Popp de 1873). Cette belle terre était riche d’un limon profond dépassant plusieurs mètres dans le bas ce qui lui conférait des caractéristiques agronomiques excellentes, à la différence de la plupart des terres attenantes aux sols superficiels et chargés en grès et en argiles bruxelliens. Les propriétaires de cette terre durent pour ces raisons souvent être des gens assez aisés ; parmi eux, on compta la famille Drion-du-Chapois de Gosselies (Matrice Popp de 1873).

Pendant la deuxième moitié du 19e siècle, le Champ des Dix Bonniers fut traversé au beau milieu par la ligne de chemin de fer 119 reliant Luttre à Gosselies. La grande parcelle cadastrale fut morcelée et vendue à de nombreux propriétaires. Le morcellement existe toujours à l’heure actuelle bien que le nombre de propriétaires ait diminué. Des alignements de vieilles aubépines, courant à travers les prés en décalage avec les divisions parcellaires actuelles, soulignent encore les contours du Champ des Dix bonniers en aval de l’assise du chemin de fer, autour de l’ancienne ferme Draguet.

 

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Le "Plan POPP" (détail) de Viesville, on y lit :"Epaifse Taille", "Champs des Dix Bonniers", "Champ de Fayat"; on y voit , en bleu,  le cours du Tintia et le chemin des "Blanches Epines".

 

 

Les aubépines courent le long de l 'assise de l'ancienne ligne de chemin de fer  aujourd'hui envahie par la verdure

 

 Une grande partie de la superficie fut dès le début du 20e siècle consacrée à la pâture (carte IGN 1/20.000 Gouy-lez-Piéton de 1905). Il est vrai que le ravinement devait être assez problématique vu la déclivité et le caractère meuble du sol dans la partie haute de la terre. Des ruptures de pentes importantes à flanc de colline témoignent de la descente des terres, sans doute provoquée par les méthodes culturales malheureuses (labour versant de haut en bas). A noter également, la présence sous le limon d’une assise calcaire du viséen fortement affectée par une érosion de dissolution qui se marque en surface par l’apparition sporadique de phénomènes karstiques. C’est ainsi qu’au beau milieu de cette terre, à quarante mètres de l’assise du chemin de fer on peut observer trois petites dolines actives de un mètre cinquante de diamètre et de cinquante centimètres de profondeur.

 

Les dolines et leurs modes de formation

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

A l’origine, le champ des Dix Bonniers était recouvert par une forêt qui prolongeait sans doute le massif de l’Epaisse Taille vers le Nord-Ouest le long de la vallée du Tintia. Le défrichement, intervenu à une époque, pour nous inconnue, mais, antérieure au 18e siècle laissa place à des terres de cultures. Sur tout le site, les nombreux fragments de charbon de bois que l’on peut trouver à faible profondeur dans la masse du limon trahissent l’ancien essartage.  

Touchant directement aux Dix Bonniers, on trouve, à l’Ouest, le Bois de la Berlaye.

 

 

Lî bos dèl Bèrlaye : Bois de la Berlaye

 

 

Géographiquement , la Berlaye et l’Epaisse Taille se confondent.

C’est le massif boisé situé à l’angle de l’ancienne rue des Petits Sarts et du Chemin de la Chaussée, limité d’autre part par le ruisseau Piéton au Nord-Ouest. Par rapport à son extension au 18e siècle, le massif arboré connut un important défrichement dès le siècle qui suivi. Les meilleures terres sur le plateau ayant été gagnées au détriment du bois (cf le Champ des Dix Bonniers), restèrent les versants argilo-sableux, peu propices à la culture. Berlaye, v.s. Epaisse Taille ?

Comment en cent ans en est-on venu à changer le nom du lieu à ce point ? Malgré une certaine consonnance, rien ne lie les deux toponymes. Certains se perdent en conjectures et finalement n’apportent pas de solution simple acceptable pour justifier ce toponyme plus récent. Ainsi, pour Gonsette (TFE Louvain-la-Neuve, 1968), Berlaye viendrait de berle (du Latin : berula), plante ombellifère des endroits fangeux que l’on trouve encore aujourd’hui au fond de la vallée, à proximité des bords du Tintia. Le seul morceau intact du bois de la Berlaye subsiste sur une centaine de mètres de large enclavé en long entre la ligne de chemin de fer Bruxelles-Charleroi et l’ancien canal ; de vieux chênes centenaires en témoignent.

 

Tchimin des Spèsses Tailles (Rûwe Fayat) : Chemin des Epaisses Tailles

 

 

Ancienne voirie communale importante reliant Viesville-Sart avec la halte ferroviaire de la Chaussée à la limite de Pont-à-Celles (ligne Charleroi-Bruxelles). Ce chemin, longeant anciennement le bois de l’Epaisse Taille se termine en cul-de-sac au pied de la réserve à trois cent mètres plus loin du croisement d’avec la rue des Petits Sarts. C’est par ce chemin que l’on accède encore aujourd’hui au verger des Dix bonniers. Malgré le bouleversement des travaux, la rue de la Chaussée existe toujours à Viesville pour sa dernière portion, aux confins de la station de la Chaussée, sous le nom de rue de Faya.

Notons qu’en 1873, la rue de la Chaussée n’était qu’un petit chemin privé traversant en plein plusieurs parcelles cadastrales (Plan Popp de 1873). Il est vrai que la ligne de chemin de fer de Bruxelles venait juste d’être construite et qu’il fallu sans doute un peu de temps pour que la communauté viesvilloise prenne conscience de l’intérêt à établir une voie de communication officielle vers la halte de la Chaussée.  

 

 

Faya (avec ou sans « t » à la fin, selon les époques et les auteurs)

 

 

Basses terres humides situées au confluant entre le Piéton et le Tintia, à la limite de Pont-à-Celles. On sait que le terme fays désignait anciennement un bois peuplé de hêtres. Cette essence est exigeante quant à la qualité et la profondeur du sol et à ses réserves hydriques. C’est précisément, ces conditions que l’on rencontre à Faya. Une hêtraie recouvrait sans doute cet endroit. Mais, elle avait déjà disparu sur la carte de cabinet de Ferraris (1771-1778). Le site de Faya fut profondément défiguré par la révolution industrielle : deux voies d’eau artificielles, deux lignes de chemin de fer, une boulonnerie, une usine d’engrais, un coron et une route provinciale. 

 

 

Lî bos d'Blanc Sîre : Bois du Blanc Sîre

 

 

C’est la partie inférieure du bois de la Berlaye, touchant le Piéton et le chemin de fer. En raison des droits de propriétés que Mr Delforges, Sire de son prénom, notable local, dit le Blanc Sîre, possédait sur le bois.

D’après les anciens, le vieux Delforges, Sîre de son prénom, avait des cheveux blanc. D’où peut-être ce surnom de Blanc Sîre. D’autres attribuent ce qualificatif à la couleur de ses chemises,  signe d’une certaine aisance pour l’époque. Le patronyme Delforges fut longtemps lié à la vie politique de la commune de Viesville. Il nous a donné deux bourgmestres curieusement de tendances politiques opposées et provenant d’origines familiales différentes (Cercle d’Histoire de P.-à-C., 2004) .

 

 

Lî grand poplî : le grand peuplier

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vieux peuplier euraméricain (Populus x canadensis) planté au début du 20e siècle à la limite de parcelles agricoles morcelées touchant directement au Champ des Dix Bonniers. Cet arbre isolé d’une circonférence exceptionnelle de 418 cm à 1,50 m de haut (2005) et d’une hauteur de 35m aurait reçu la foudre à trois reprises. Le dernier coup de foudre, survenu pendant les années 1970, lui a ôté un tiers de sa ramure, si bien qu’il apparaît actuellement un peu déséquilibré. Une longue cicatrice, en voie de fermeture complète, court depuis son sommet jusqu’à presque sa base et témoigne de cet incident. Il marque les Dix Bonniers de son imposante présence. Le Grand poplî vient récemment (2004) d’être classé arbre remarquable par la Région wallonne. 

Au Nord des Dix Bonniers, tout au fond de la vallée du Tintia, serpente le Chemin Vert ou Chemin des Blanches Epines.

 

 

Lès Blankès Spènes : les Blanches Epines

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ancienne désignation du Chemin Vert, jusqu’au 19e siècle, sans doute en raison de la présence de nombreuses aubépines menées sous forme de haies. L’endroit était en effet riche en prairies ceinturées par des haies, surtout dans le bas de la vallée touchant au Tintia (carte IGN 1/20.000 Gouy-lez-Piéton de 1873, carte de cabinet de Ferraris). 

 La principale raison d’être de ces haies fut de retenir les terres dans leur descente vers le fond de la vallée ; il ne s’agissait pas anciennement de pâtures mais, de cultures. Aujourd’hui, le Chemin Vert est interrompu quelques centaines de mètres après la fin du bas du champ des Dix Bonniers.

 

 

Lî Tchimin d'Fiêr : le Chemin de fer

 

 
L'assise de la ligne de chemin de fer n° 119, devenue aujourd'hui chemin d'accès à la réserve naturelle de Viesville.

 

Ancienne ligne n°119, chemin de fer reliant autrefois Châtelet à Luttre. Cette ligne est désaffectée depuis plus de cinquante ans. Une gare située rue de la station à Viesville, maintenant rue Albert 1er, drainait avant guerre quotidiennement de nombreux travailleurs et écoliers viesvillois qui voulaient se rendre dans l’agglomération carolorégienne. Cette ligne, construite dans les années 1860, fut définitivement interrompue et abandonnée suite aux travaux d’élargissement du canal Charleroi - Bruxelles.    

 

 

Lî bos d'L'ayeû : Bois de l'Aïeul

Lî bos du Paveû (lî bos Boudârt) : Bois du Paveur ou bois Bodart

 

 

Toponymes dont l’origine et la localisation sont incertaines ; ils auraient été situés quelque part entre l’Epaisse Taille, les Dix Bonniers et le Champ de Faya. Ces deux massifs boisés ont déjà disparu bien avant 1950. Les plus anciens habitants , interrogés par G. Gonsette (1968) ne semblent pas se souvenir avec précision des lieux. On sait seulement qu’un certain Bodart ayant vécu à cheval sur le 19e  et le 20e siècle, paveur de son état, aurait donné son nom au bois en tant que propriétaire.

 

 

"LES BROUTEUSES  " . Juillet 2006, vue du verger des Dix Bonniers en direction de l'Est.

 

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Viesville - 6230 , province de Hainaut, vue vers le centre du village.